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LE BALINT AVOCATS


par Dominique-Alice DECELLE, psychosociologue-psychanalyste

Des avocats, conscients de la complexité relationnelle de leur métier, se sont rapprochés de la méthode Balint qui depuis les années 60 a fait ses preuves dans toutes les professions dont l’objet de travail est la personne humaine.

Il ne s’agit pas de devenir expert en communication avec des comportements verbaux stéréotypés voire manipulatoires et dont l’efficacité est plus qu’illusoire.
La démarche Balint, plus réflexive, consiste à travailler sur son « moi professionnel ». En effet, si la représentation que l’on se fait de son métier reste inconsciente, les effets sur la manière de l’exercer, bien qu’implicites, peuvent avoir des conséquences fâcheuses : malaise, stress, baisse de motivation ou d’activité, relation conflictuelle, débordements et difficulté à poser des limites, confusion des rôles.

Lorsque Michaël Balint (1896-1970), psychiatre-psychanalyste au Tavistock Institute de Londres, met au point une nouvelle formation des médecins il cherche à les aider à se familiariser avec leurs réactions émotionnelles et à avoir une meilleure compréhension d’eux-mêmes et des personnes qu’ils soignent. Il invente une technique dite clinique où le savoir n’est pas détenu par un seul maître-conférencier universitaire.
Le Larousse a intégré Michaël Balint en 1990 et donne cette définition simple des groupes Balint : « Méthode qui consiste à réunir régulièrement des médecins pour qu’ils analysent en commun leur comportement vis-à-vis des malades ».

Cette méthode s’est largement développée dans d’autres champs professionnels où j’anime des Groupes Balint depuis les années 80 auprès de soignants, enseignants, travailleurs sociaux, psychologues, avocats – métiers où la qualité relationnelle fait partie de la compétence professionnelle.

Une dizaine de personnes se rencontrent régulièrement pour étudier de près les composantes de situations professionnelles délicates. En s’appuyant sur la méthode des cas (case-work), chacun contribue, avec l’aide du psychanalyste, à envisager les choses sous un autre angle et permet au participant qui présente le cas de sa relation à un client en particulier, d’évoluer dans son positionnement professionnel et donc dans son comportement et sa pratique.
Le psychanalyste qui anime les séminaires, d’environ deux heures, est formé à l’animation de groupes et facilite les échanges entre les participants.

Mon parcours personnel et mon ancrage institutionnel à la Société médicale Balint, à l’Université comme chargée de cours et aux Forums du Champ lacanien me donne les appartenances et les références théoriques nécessaires à ma pratique.
Ma rencontre avec des avocats intéressés par ce type de travail a donné naissance aux premiers Groupe Balint d’Avocats en 2003.

Les avocats peuvent, en effet, être confrontés à des client(e)s qui leur posent problème.
Si un client est difficile à gérer, l’avocat peut apprendre à se tenir et à le tenir à la bonne distance. Le client dès lors pourra tirer profit d’être « contenu » et son avocat pourra l’aider au mieux. C’est la question des limites et de la posture professionnelle où l’avocat qui utilisait de façon inadéquate sa personnalité, par exemple en se laissant trop envahir ou en ayant le sentiment de ne jamais en faire assez, peut changer d’attitude et par interaction le client change également.
Si l’avocat éprouve un malaise particulier vis-à-vis d’un client, il peut utilement repérer que le client l’a mis à une place symbolique ou que lui, son avocat, y a mis son client ou encore qu’il s’est mis lui-même à une place symbolique qui n’a rien à voir avec sa fonction propre (psy, conjoint, fonction paternelle…)
Ce sont ses confrères qui peuvent éclairer l’avocat en lui livrant la perception, la compréhension, l’impression qu’ils ont au travers de l’histoire du cas qu’ils entendent.

Les avocats ont aussi besoin de clarifier leur implication dans le cadre global de la magistrature et de la justice. Avec l’évolution de nos sociétés européennes, des mentalités et des comportements face au droit, aux procédures, à une judiciarisation multiforme, à des pratiques nouvelles de médiation, les avocats repensent leur pratique, explorent le sens de leur travail et de leur utilité sociale, se posent des questions éthiques, mettent en perspective ce qu’ils comprennent des motivations profondes  qui les ont conduit à choisir ce métier.

Chacun, avec l’aide de tous, en précise les contours, retrouve un équilibre dans ses investissements personnels et consolide son identité professionnelle.